Pas vu, Pas pris

Judith Millot est de ces artistes qui découvrent le monde avec un air ingénu, une photographe plasticienne qui fabrique des histoires avec une grande ingéniosité. […]
Au hasard d’un heureux détour, elle nous amène à revoir les objets ou les lieux que l’on croit connaître.

Libre service, installation et photographie argentique, tirage 70x100cm, 2011.

Echo, installation (peinture et craie) et photographie, tirage en digigraphie sur papier Canson aquarelle, 50x70cm, 2011.

Point Rencontre, série de trois affiches noir et blanc, 28,6×43,9cm, 2011.

Ses interventions artistiques détournent notre quotidien, elles dérangent nos habitudes et nous interrogent sur ce que l’on voit et ce que l’on pensait savoir. Sans effets spéciaux mais avec d’habiles bricolages, elle crée les décors de ses illusions, des décors à la mesure de la réalité qui nous entoure. Dans le fourbi de ses affaires, l’appareil photographique est devenu peu à peu un complice. Il capte la fragilité des assemblages et le potentiel des situations. L’appareil accompagne les manipulations de l’artiste et il fixe ce qui a pu se dérouler devant son objectif. Mais l’appareil photographique de Judith Millot n’est pourtant pas objectif : il fait partie du montage, il referme le piège de l’image en réalisant les ruses de l’artiste.
Judith Millot semble espiègle comme une enfant qui s’ennuie, elle contrarie nos modes de vie et impose de nouvelles règles du jeu. Dans chacune de ses œuvres, elle rejoue une nouvelle partie, jette les dés en l’air et bouscule nos codes.[…]
Les inventions artistiques de Judith Millot nous offrent l’occasion rare de redessiner les contours du monde, de déplacer avec poésie les limites du visible.

Céline Cadaureille, extrait du catalogue Pas vu, Pas pris.